Jardins de foi

La Société du patrimoine religieux a présenté l’exposition Jardins de Foi de juin à septembre 2002 dans la chapelle? du Séminaire? de Saint-Hyacinthe à l’occasion du 150e anniversaire de la fondation du diocèse.
Le parcours de l’exposition s’est divisé espaces appelés jardins : jardin des évêques, jardin des prêtres, jardin des communautés, jardin d’aujourd’hui, jardin patrimonial et jardin musical.
Les objets présentés ont été prêtés par les paroisses, les communautés, l’évêché et le Séminaire de Saint-Hyacinthe. Environ cent cinquante beaux spécimens du patrimoine religieux du diocèse étaient accompagnés d’autant de documents d’archives gracieusement prêtés par le Centre d’archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe et par quelques sociétés d’histoire de la région.
 
Lors de la visite, nous entrons dans la chapelle du Séminaire de Saint-Hyacinthe et nous pouvons admirer les belles lignes de style gothique inspirées de la cathédrale? d’Amiens, en France : l’arc brisé, la voûte nervurée, les colonnes et la colonnade?. Les murs sont percés d’une double rangée de grandes fenêtres et six vitraux racontent des épisodes de la vie de Saint-Antoine (patron du Séminaire de Saint-Hyacinthe). L’édifice s’élève, très haut, très vaste et donne une idée grandiose de l’espace occupé.
 
Cette chapelle a été construite en 1927 par René Richer, ancien élève du Séminaire de Saint-Hyacinthe.

Elle a la particularité de contenir un grand nombre de chapelles latérales pour que les prêtres enseignants du Séminaire puissent y dire leur messe? simultanément chaque matin.
René Richer
Photo de finissant 1906-1907
Séminaire? de Saint-Hyacinthe, CHSH

Du 8 juin 2002, date historique pour le diocèse de Saint-Hyacinthe, au 8 septembre 2002, la chapelle a servi de lieu d’exposition à JARDINS DE FOI, grand livre d’histoire racontant cent cinquante pages d’événements et de personnes qui ont fait notre histoire. Les chapelles rayonnantes? se sont transformées en salle d’exposition, les confessionnaux en vitrine pour exposer les objets ayant appartenu aux principaux personnages qui ont marqué cette époque et pour présenter les documents d’archives prêtés gracieusement en très grande partie par le Centre d’archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe.

Cette histoire débute dans les années 1850. Mgr Bourget est alors évêque à Montréal. L’occupation du sol le long du fleuve oblige les nouveaux colons à s’installer de plus en plus dans les terres et c’est le long des voies d’eau secondaires comme la rivière Richelieu et plus tard le long des rives de la rivière Yamaska que s’effectue le peuplement pour ensuite continuer dans les Townships où les anglophones protestants sont de plus en plus présents.
À la veille de la création du diocèse de Saint-Hyacinthe, L’Église du Canada comprend un archidiocèse, Québec, divisé en cinq diocèses : Montréal, Bytown (Ottawa), Toronto, Kingston et Saint-Boniface.

Les évêques de ces diocèses se réunissent en août 1951 pour le premier concile de la province ecclésiastique de Québec. Les Pères du Concile adressent une supplique au Pape? Pie IX demandant l’érection des diocèses de Saint-Hyacinthe et de Trois-Rivières. Elle est ainsi rédigée :

À NOTRE TRÈS SAINT SEIGNEUR LE PAPE PIE IX

Très Saint Père?
Nous archevêques et Évêques de la Province ecclésiastique de Québec, désirant pourvoir aux nécessités des âmes, croyons, pourvu qu’il plaise au Saint-Siège apostolique, que doit être érigé un nouveau Siège Épiscopal dans le territoire appelé Saint-Hyacinthe qui comprend le territoire ci-dessus désigné.
Le nouveau diocèse de Saint-Hyacinthe comprendra les comtés de Saint-Hyacinthe, Richelieu, Rouville, Missisquoi, Shefford et Stanstead, dans le District de Montréal, et une partie du comté de Sherbrooke comprenant les cantons de Melbourne, Brompton, Orford, Ascot, Eaton, Clifton, Compton Hereford, dans le district de Saint-François et l’Archidiocèse de Québec.
Nous demandons aussi humblement que l’Illustrissime et Révérendissime Jean-Charles Prince, Évêque de Martyropolis, et déjà coadjuteur avec future succession de l’Illustrissime et Révérendissime Évêque de Montréal, soit choisi pour régir le nouveau diocèse. Ce que nous espérons de l’indulgence de Votre Sainteté
Province du Canada, le mois d’octobre 1851.
(Le bref est en latin).

Monseigneur Prince lui-même, alors évêque coadjuteur au diocèse de Montréal, est désigné par l’Assemblée conciliaire pour porter la supplique à Rome.

Pendant qu’il est encore à Rome, un bref daté du 8 juin 1852 érige officiellement le diocèse de Saint-Hyacinthe.
 

Au moment de sa fondation, le nouveau diocèse comprend déjà quarante paroisses ; trente et une sont érigées canoniquement, vingt-cinq ont déjà obtenu leur reconnaissance civile, tandis que les autres ne sont que des missions sans statut officiel.

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